Quand un « flippé » est le plus courageux car il sait qui il est

Ce petit roman est une belle leçon à la société et à tous ces stéréotypes que l’on colle aux genres. Ici, en s’écoutant et en se respectant ce jeune homme va protéger sa soeur.

« Depuis que je suis petit, on me colle une étiquette de gros flippé. De trouillard, de mauviette… Ça me saoule mais j’avoue que, j’ai beau faire des efforts, je ne me sens pas courageux et encore moins capable de protéger les autres, en particulier les filles. Pourtant, c’est ce qu’on attend des garçons. »

Le narrateur de ce roman précise qu’il n’a pas de problème avec le fait d’être né garçon, mais plutôt avec les injonctions liées à son genre. Sa grande soeur, elle, est confrontée à d’autres réflexions. Ce soir-là, elle descend manger maquillée et avec de la dentelle. Il la trouve magnifique.

Mais sa mère et son oncle, eux, ne sont pas du même avis. Enfin, le décolleté et le short qu’elle porte leur posent visiblement problème. Sa mère lui dit que ce n’est pas une tenue « convenable ». Alors il intervient et leur dit que lui aussi porte un short… Son oncle explique alors qu’il ne faut pas donner d’idées à certains…

Alors quand elle demande à sortir le samedi, son oncle et sa mère acceptent mais à condition qu’il l’accompagne en boite. Elle ne se fera pas embêter si elle est avec un garçon. Lui ? Mais il n’a rien demandé. Malgré tout, il accepte, pour sa soeur. L’après-midi il observe ses copains faire des figures.

Quand une voiture déboule et fonce sono hurlante : »une bagnole rouge, sportive, du genre ‘aspirateur à gonzesse’ comme dit mon oncle« . Le problème c’est que le chauffeur ne ralentit pas, au contraire. Adam, sur son VTT, se teint face au bolide et l’esquive au dernier moment tel un torero. Fier. Lui, est tétanisé.

Puis, le voilà, le samedi, coincé au milieu de la nuit dans un endroit glauque où il n’a jamais eu aucune envie de mettre les pieds. Il n’a qu’une idée en tête : rentrer… Il finit d’ailleurs d’ailleurs par s’endormir. Au moment de partir, sa soeur est accompagné d’un garçon dont l’ami veut bien les raccompagner.

Vu l’heure, ils n’ont pas vraiment le choix même si le chauffeur a beaucoup trop bu. C’est la panique. Surtout quand ils arrivent sur le parking et qu’ils voient la voiture, rouge… Et si au final, le courage c’était de s’écouter, de se respecter et d’éviter le danger ? Un petit roman percutant sur la masculinité toxique et la « virilité ».

Flippé, de Delphine Gosset, éd. Alice, 64 p., 12 euros. Dès 10 ans

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