Cet album d’une douceur incroyable évoque les abus sexuels sur mineurs avec des mots simples pour aider les lecteurs petits et grands à libérer la parole et pour que les rêves d’enfants ne se transforment pas en cauchemars.

« A l’heure du bain, le jeu préféré de Marie est celui des gants de princesse : elle prend le savon de Maman, celui au lait qui fait une mousse blanche, et le frotte sur ses bras une fois, deux fois, trois fois, jusqu’à ne plus voir la couleur de sa peau. » La voici devenue princesse avec ses gants.
Lorsque son chat entre, elle s’imagine qu’il porte des bottes et lui apporte une invitation à un bal comme toute princesse qui se respecte. Un jour, elle fait aussi la connaissance d’un invité qui est gentil avec elle. Mais, ses mains sont velues. « Ses caresses ne sont pas douces du tout. » Marie a mal.
Cet invité se révèle être un ogre. Lorsqu’il se relève, il chuchote : « Ce sera notre secret, princesse. » La fillette ne veut plus se regarder dans le robinet, ses gants ont disparu et des larmes sont apparues. Marie a honte et elle a peur. Lorsqu’elle ose en parler, on lui dit qu’elle invente encore des histoires et qu’elle ferait mieux de se taire.
Fatiguée, Marie demande à son chat combien de temps une princesse doit souffrir avant d’être sauvée. Quand elle va chez son amie Éva, Marie est inquiète : y a-t-il un ogre dans toutes les salles de bain ? Un album pour aider à mettre des mots sur l’indicible : les abus sexuels envers les mineurs.
L’ogre de la salle de bains, de Gaëlle Arnaud, illustré par Stéphanie Augusseau, éd. Alice jeunesse, 48 p., 15 euros. Dès 4-5 ans