Quand le mythe de Dracula est réinventé et qu’il est couturier

Épuisé d’être craint et détesté, Dracula a renoncé au mal et s’est réinventé en couturier de génie. Et sa rencontre avec Mina, une journaliste talentueuse, va même chambouler son éternité.

Dracula en avait assez. Il était las, épuisé d’être craint et détesté. Dans ce château, perdu au milieu des forêts des Carpates, siècle après siècle, il se sentait terriblement seul et errait dans les couloirs. Le temps paraissait tellement long à ce « boit-sans-soif » dans cette bien triste demeure.

« Il voulait se souvenir de la douceur de la vie. Il voulait qu’on l’aime un peu aussi. » Un matin, c’est décidé : fureur apaisée, plus de proie hypnotisée et plus de sang avalé. En revanche, il y a une chose à laquelle il ne put renoncer : son style. Il brodait, cousait et coupait ses tenues.

Une passion qui lui réchauffait le coeur. Le temps passait, les siècles se succédaient, ses nuits s’égrenaient, tout le monde l’oubliait. « Dracula dessinait, lisait, méditait, tricotait pour réchauffer les hérissons tombés en hypothermie, lisait encore et encore , dessinait… » Grâce aux nouvelles technologies, il avait partagé ses créations.

Mais tout le monde se demandait qui pouvait être ce mystérieux créateur. Et un jour, Mina Vermeil, pigiste tenace et bien décidée à rencontrer de styliste, réussit à mettre fin à l’exil de Dracula. La rencontre se fit enfin. « Elle tomba instantanément sous le charme de cet étrange personnage. »

Dracula, lui, fut d’abord intrigué. Mais après un moment de gêne plus que normal, la discussion s’emballa et dura jusqu’au bout de la nuit. A l’aube, ils décidèrent que Mina resterait pour étudier son oeuvre de plus près. Les semaines passèrent. « Ils s’aimaient vraiment. Tendrement (…). »

Ils travaillaient aussi très studieusement. Ensemble ils commencèrent à tisser une histoire d’amour, hors du temps, rythmée par les saisons et les leurs créations. Une robe pour chaque heure, un manteau pour chaque saison pour, au final, créer une collection. Chacun apportait à l’univers de l’autre.

Une sublime histoire pour continuer de croire en l’amour. Avec ce beau format, le lecteur peut profiter pleinement de l’univers onirique de la talentueuse Charlotte Gastaut. Elle propose ici un conte moderne élégant et bouleversant, entre poésie, humour et émotion. Un album sur le temps qui passe et l’amour qui transcende tout.

Dracula – Une si belle vie, de Charlotte Gastaut, éd. Flammarion jeunesse, 64 p., 17,90 euros. Dès 5 ans

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