Noa passe en conseil de discipline pour la deuxième fois : son avenir est vraiment en jeu. Elle doit se défendre face à des adultes qui semblent s’être déjà fait une idée de cette adolescente violente. Mais pourquoi toute cette colère ? D’où vient ce secret qui la ronge ?

Noa, élève de quatrième dans un collège défavorisé, passe en conseil de discipline pour la deuxième fois de l’année. Son avenir est en jeu, c’est peut-être sa dernière chance de le défendre dans ce « procès ». Mais les adultes qui la jugent semblent s’être déjà fait une idée de cette adolescente violente.
Pourtant, il leur suffirait de s’intéresser à elle, d’être attentifs aux indices qui expliquent cetet rage et ils comprendraient qu’elle est rongée par un secret qui l’empoisonne. Pire, sa mère, en retard et sentant l’alcool, comme souvent, est l’un de ses seuls « soutiens ». Noa n’ose pas la regarder : « La honte c’est le pire. »
Mais il y a aussi « Madame ». Elle s’assoit à côté de Nora, face aux « autres », à tous ceux qui la jugent sans la connaître. « La laisser seule face à l’inquisition, ce serait déjà comme l’abandonner. On l’a déjà assez abandonnée. » Cette professeur a bien essayé d’entrer en contact avec Noa et, ce, dès le début de l’année.
Madame explique que tout dans l’attitude de Noa montrait de la méfiance vis-à-vis des autres. « Une méfiance endurante, comme un bouclier. » Elle parle aussi de furet effrayé, de boule hérissée pour qualifier Noa. Elle ne veut pas excuser le comportement et les actes violents de l’adolescente.
Mais selon elle, si Noa a mis le feu dans les vestiaires et y est restée, c’est pour faire partie des cendres. « Le danger qu’elle a provoqué, il lui était destiné. Ce n’est pas rien, de vouloir partir en fumée. » Cette adulte attentive semble donc être la seule à comprendre ou plutôt entendre les cris de l’adolescente, son appel au secours.
Madame comprend que Noa a surtout désespérément besoin d’aide. Mais les autres lui donneront-ils une dernière chance ? Un roman qui bouleverse et marque, une histoire moderne avec une héroïne touchante pour aborder la violence scolaire et le cyberharcèlement qui ronge petit à petit celui qui les subit.
Troisième chance, de Rachel Corenblit, éd. Nathan, 288 p., 15,95 euros. Dès 14 ans