Quand la beauté du monde vient de sa diversité, il suffit d’observer

Un livre qui emmène dans un rêve rose bonbon. À travers un texte fort et des illustrations poétiques, Stéphane Kiehl plonge le lecteur dans la douceur du rêve et de l’émerveillement de la nature et des petites choses qui l’entourent.

« La lagune brillait de reflets dorés. Les flamants roses avançaient, têtes renversées au-dessus de l’eau et raclaient la vase avec leurs becs à la recherche de nourriture. Une brise légère faisait danser leurs plumes. » Un enfant ferme les yeux et s’endort au bord de cette lagune.

Dans son rêve, il découvre un monde entièrement rose comme la guimauve. « Pas le noir qui m’inquiétait, pas le blanc des sommets enneigés, ni le rouge des blessures et incendies, pas le vert de nos forêts qui disparaissent… » Dans ce nouveau monde, doux et parfait, il est guidé par une licorne.

Au début, tout semble merveilleux… « Même l’air semblait sucré. Les animaux y vivaient en harmonie. » Mais le temps passe et chaque instant semble répéter le précédent. A force de tout voir de la même couleur, la beauté disparaît, la licorne perd son éclat, le monde se fane.

La licorne lui révèle alors que la vraie beauté vient des mélanges, des surprises et des différences. À son réveil, sous le vol des flamants migrateurs, l’enfant comprend que le monde est beau parce qu’il est multiple, fragile, et qu’il faut l’aimer tel qu’il est plutôt que vouloir tout transformer.

Un sublime album pour montrer la magie qui existe déjà dans le monde. Nul besoin de tout changer, il suffit de la regarder. Elle peut être partout dans une étoile qui brille ou sur un sommet enneigé. Les couleurs et les nuances des petites choses, comme les plantes, leurs odeurs… La beauté du monde est partout dans sa fragilité et sa multiplicité.

Rose, de Stéphane Kiehl, éd. La Martinière jeunesse, 32 p., 17,90 euros. Dès 5 ans

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