Quand la révolte d’un fils rejoint celle d’un pays

Avant la résistance avec les ouvriers grévistes, la résilience. Celle d’un jeune homme en 1936 qui doit affronter son père violent. Un fantastique récit qui mêle l’intime à l’historique.

À la veille du Front populaire de Léon Blum, François Bompierre, 17 ans, vit dans une petite ville industrielle, Gramont. Il grandit sous l’autorité d’un père brutal, notable fascisant et sous-directeur de l’usine locale. Battu à huis clos, humilié en silence, le jeune homme rêve de fuite et de liberté.

Lorsqu’il croise une bande de jeunes ouvriers communistes, “les rouges”, François découvre un autre monde, fait de solidarité, de luttes et de fraternité. La grève, qui oppose la direction aux grévistes, embrase l’usine de papier. Dans le même temps, les tensions politiques s’exacerbent.

Malgré la différence sociale, François parvient à s’imposer dans le groupe. La tension monte à l’usine, l’affrontement entre père et fils est inévitable. Le combat intime du fils rejoint la révolte collective. Pour François, résister, c’est d’abord apprendre à se libérer. Un récit de résistance et de résilience qui mêle petite et grande histoires.

Dans cet album, l’auteur oppose ou plutôt renvoie la violence entre les classes à celle plus intime d’un père envers son fils. Une plongée dans une France de 1936 minée par les rapports de domination et la brutalité sociale. Finies la peur et la honte, François s’émancipe, page après page, grâce à ces amis loyaux.

Fils de bourge Le doux printemps 1936, d’Éric Stalner, éd. Grand Angle, 80 p., 18,90 euros. Dès 13 ans

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