Quand un lapin aussi mignon qu’il est ronchon raconte son univers, sa vie de fauve intrépide et sa relation avec le petit géant… Une histoire tendre et mordante.

« Je vis entouré de paille… et de géants. » Guimauve, c’est son nom, est le narrateur particulièrement mal luné de cette histoire. « J’ai horreur des carottes. » Ce lapin si pourtant explique au final ne pas aimer grand chose « à part grignoter des trucs durs ». Tout y passe : crayons, fil électrique, dinosaure en plastique.
« Sinon, j’ai un don : je fais des crottes magiques qui disparaissent une fois par semaine. » Guimauve râle beaucoup, n’aime pas grand chose… Sous ses accents revêches, sa réinterprétation fantasque du quotidien est terriblement drôle, rappelant toute la richesse de l’imaginaire enfantin.
Comme les enfants, Guimauve est capable de se projeter dans des vies extraordinaires à partir de trois fois rien. Il est convaincu qu’un jour il partira explorer le monde ; en attendant, il tolère ses « géants de compagnie », ils ne sont pas si mal élevés finalement, et même un peu beaucoup très attendrissants…
Tout le plaisir de la lecture vient du décalage entre les charmantes illustrations aux couleurs pastel et le mordant du texte. Un album savoureux à déguster comme un bonbon et un héros adorable qu’on n’est pas près d’oublier. Cet « aventurier féroce » fera craquer tous les lecteurs.
Guimauve et son petit géant, de, éd. La Martinière jeunesse, 32 p., 13,90 euros. Dès 3 ans