Un album original pour comprendre les jours de la semaine différemment : à chacun son tempérament. Et si Lundi ne semble pas très apprécié, il n’en est pas même pour Samedi. Et que dire de Dimanche ? Cet univers d’écoliers d’antan est joliment illustré avec des jouets anciens : pantins, figures de porcelaine, cubes colorés, chevaux à bascule.

Le royaume d’Ici ne ressemble à aucun autre : il est dirigé par sept rois ! Mais ces sept-là ne se supportent pas. Alors, pour éviter de graves ennuis, il a été décidé que chacun d’eux régnerait à tour de rôle, pendant vingt-quatre heures. Pas une de plus, pas une de moins. Chacun a son caractère et mène le royaume à sa manière.
Lundi fonceur qui compte très peu d’admirateurs, Mardi sérieux comme un dictionnaire qui ne pense qu’à travailler, Mercredi joueur endiablé qui fait dérailler le train-train, Jeudi très ordonné remet de l’ordre avec ses règles, Vendredi souriant rêveur avec qui on pense au lendemain, Samedi joyeux fêtard et Dimanche, héros tant attendu.


Oui mais voilà, un dimanche pas comme un autre, le roi (Dimanche donc), se sentant plus invincible que d’habitude, décide de ne pas rendre le trône. « Pourquoi laisser encore et toujours ce Lundi insupportable venir tout gâcher ? Je reste ! » C’est désormais tous les jours dimanche : farniente, siestes et rêveries.
Au début on se réjouit : plus de lois tristes, places aux journées en pyjama, mais peu à peu on s’ennuie, puis on se révolte face à tout ce temps vacant. Au moins, avant, il y avait du changement. « Ça suffit, finit par rugir une fillette et elle lui explique qu’il n’en fait qu’à sa tête. Ils en ont marre qu’il se prenne pour le commandant.
S’ils l’aimaient tous c’est parce qu’il leur laissait leur liberté. Il finit par avouer qu’il a eu les yeux plus gros que le ventre. Les rois se réunissent : c’est l’heure du changement. Au royaume d’Ici, on va enfin apprendre à vivre ensemble. De belles illustrations donnent vie à ce monde imaginaire.
Un album drôle dans un univers d’écoliers d’un autre temps qui permettra aux enfants de se représenter la semaine différemment. Mais sous couvert d’humour, cette histoire absurde parle de partage et de tyrannie. Si un vent de liberté semblait souffler, c’est bien le roi Dimanche qui s’est mis à tout diriger et ils en ont eu tous assez.
Sept fois dimanche, d’Anne-Claire Lévêque, illustré par Nicolas Zouliamis, éd. Le Seuil jeunesse, 40 p., 17,90 euros. Dès 6 ans