En 1979, l’Angleterre était punk, la Première ministre encore pire. Margaret Thatcher, fille d’épicier, aurait pu devenir l’égérie du féminisme, mais que les choix de carrière ont finalement transformée en Dame de fer.

Elle est sans aucun doute à la fois la femme la plus détestée et la plus admirée du XXe siècle. Voici l’histoire de Margaret Thatcher, une fille d’épicier dont l’ascension sociale fulgurante aurait pu en faire l’égérie du féminisme, mais que les choix de carrière ont finalement transformée en Dame de fer.
Dans la continuité de l’album Le Crétin qui a gagné la guerre froide, ce portrait acide et documenté de l’ancienne Première ministre britannique est aussi la chronique d’une révolution libérale qui a considérablement bouleversé la face du monde dans les années 1980. On découvre sa famille et comment ses choix l’ont bouleversée.

Margaret Thatcher, ce n’est pas seulement une carrière politique : c’est également une véritable vision idéologique et une détermination à toute épreuve. Réduction de l’influence de l’État, privatisations à la pelle, dérégulation, casse des syndicats, intransigeance absolue dans les luttes sociales, euroscepticisme.
Margaret Thatcher assume toute forme de brutalité quand c’est au nom de l’efficacité économique. Un album de qualité qui plonge le lecteur dans cette Angleterre punk qui va voir arriver à sa tête une femme austère qui représente pourtant le peuple en venant d’une famille d’ouvriers.
Cette BD montre bien la relation entre les Etats-Unis d’alors et l’Angleterre, notamment la relation étroite entre le président Ronald Reagan et Margaret Thatcher. L’auteur explique : « Reagan avait appelé Thatcher « the best man in England ». Ils ont vécu une lune de miel spirituelle.»
Cet album est aussi très drôle. « En utilisant l’humour tout en respectant l’Histoire, nous avons cherché à désacraliser les grands personnages. Nous les montrons dans leur nudité : des femmes et des hommes mus par leur ego. C’est une façon de briser le vernis politique, de passer de l’autre côté du miroir pour voir la vérité des personnages. »
La sorcière qui a changé le monde, de Jean-Yves Le Naour et Emilio Van der Zuiden, éd. Grand Angle, 72 p., 16,90 euros. Dès 14 ans